Tests sur les eaux usées
Plus de 53 000 Canadiens sont décédés d’une overdose depuis 2016. Je cherche constamment des moyens permettant aux municipalités d’agir concrètement dans ce domaine. En tant que participante au Programme international de leadership pour visiteurs (IVLP), j’ai eu l’occasion de visiter Baltimore, Cleveland, Orlando et d’autres villes afin de mieux comprendre comment les autorités américaines réagissent à cette urgence de santé publique et quelles leçons nous pouvons en tirer chez nous.
Une chose m’apparaît très clairement : nous avons besoin de meilleurs outils pour comprendre ce qui se passe en temps réel.
C’est pourquoi je travaille aux côtés du Dr. Monty Ghosh, interniste, spécialiste en médecine de catastrophe et en toxicomanie à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta à Edmonton, pour plaider en faveur d’une expansion des tests des eaux usées et de la mise en place de systèmes d’alerte précoce à Ottawa. Pendant la pandémie de COVID-19, les Canadiens se sont familiarisés avec la surveillance des eaux usées, car elle a permis de suivre rapidement et anonymement les variants et les foyers.
Le test des eaux usées permet aux chercheurs et aux experts en santé publique de détecter les substances en circulation dans une communauté avant que les surdoses n’atteignent des pics. Il permet d’identifier les changements dans les habitudes de consommation de fentanyl, de méthamphétamine ou de cocaïne et d’observer l’évolution quotidienne de ces composés. Le test des eaux usées fournit des informations anonymes à l’échelle de la population, pratiquement en temps réel.
La crise des opioïdes est en réalité un problème de santé publique chronique qui exige une réponse à long terme, coordonnée et fondée sur des données probantes, plutôt que des réactions ponctuelles. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’une volonté politique d’agir. Nous devons utiliser les ressources dont nous disposons pour mettre en place un système de santé enfin à la hauteur de l’ampleur de cette urgence. Nous avons besoin d’une coordination renforcée, d’un meilleur partage des données et d’une plus grande transparence si nous voulons sauver des vies.
Le 13 mai 2026, j’ai présenté une motion, adoptée à l’unanimité, visant à étudier la mise en place d’un système de surveillance des drogues et d’alerte précoce basé sur les eaux usées à Ottawa. Cette motion a reçu le soutien de Santé publique Ottawa et du Service des infrastructures et des services d’eau de la Ville.
Je vous tiendrai au courant à mesure que nous examinerons la faisabilité de l’identification des principaux sites géographiques pour l’échantillonnage des eaux usées, de l’établissement de protocoles de signalement et de la mise au point de mécanismes de notification rapide pour les partenaires de première ligne en matière de santé et de sécurité communautaire.
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